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Les Compagnies franches de la Marine à la fin du Régime français : une nouvelle base de données pour commémorer le 250e anniversaire de la Bataille de Sainte-Foy                  (guide d'utilisation)

 

Dans le cadre des activités de commémoration de la Bataille de Sainte-Foy survenue le 28 avril 1760, la Société de généalogie de Québec est fière de mettre en ligne gratuitement sur son site une base de données comprenant des informations sur 5 773 soldats et sous-officiers destinés à servir ou ayant servi au Canada entre 1750 et 1760 dans les Compagnies franches de la Marine. Elle complète ainsi le travail du Projet Montcalm qui a abouti en 2009 à la publication du livre Combattre pour la France en Amérique. Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760. Dirigé par Marcel Fournier et publié par la Société généalogique canadienne-française, ce projet a permis de retracer 7 450 officiers et soldats ayant servi dans les troupes de Terre au Canada et à l'île Royale (Louisbourg). Dans la vallée du Saint-Laurent seulement, aux 3 837 hommes débarqués avec leur bataillon s'ajoutent 138 volontaires venus en 1756, 255 hommes de remplacement des soldats capturés en 1755 sur le Lys et l'Alcide et 759 recrues faisant en tout 4 851 soldats dont 422 vont se marier en Nouvelle-France.

monumentbraves Monument commémoratif des batailles de 1759 et 1760.
Parc des Braves, chemin Sainte-Foy, Québec.
(Photo fournie par Rénald Lessard)
Fort Niagara.
(Photo fournie par
Rénald Lessard)
fort_niagara_extrait
Citadelle de l'île de Ré.
(Photo fournie par
Rénald Lessard)
citadelle_ile_re
 

Les troupes de la Marine servent sur tout le territoire de la Colonie. En novembre 1750, les soldats sont répartis dans les villes de garnison de Québec (648), de Trois-Rivières (202) et de Montréal (650). Sur ces effectifs de 1 500 hommes, 591 sont détachés dans les différents postes relevant du Canada, allant des Grands Lacs jusqu'en Acadie en passant par l'Ohio ou le lac Champlain. Jusqu'à l'arrivée des troupes de Terre en 1755 et ce depuis 1683, les compagnies franches de la Marine représentent les seules troupes régulières présentes dans la vallée du Saint-Laurent. Elles sont constituées de compagnies indépendantes, non organisées en régiment, ayant chacune à leur tête un capitaine.

 

Contrairement aux troupes de Terre, il n'y a pas de contrôles des troupes qui nous soient parvenues. Toutefois, les listes d'embarquement; l'état civil canadien; les archives hospitalières, notariales et judiciaires et les archives des ports et du ministère de la Marine français permettent de rejoindre presque tous les soldats arrivés durant cette décennie. Ce projet, auquel je travaille depuis plusieurs années, n'aurait pu se réaliser sans l'apport de différents groupes ou individus. L'équipe du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) avec en particulier Hubert Charbonneau et Bertrand Desjardins, les relevés des registres de l'Hôtel-Dieu de Québec faits et publiés par la Société généalogique canadienne-française grâce aux contributions de Gisèle Monarque et de Marcel Fournier, le projet Montcalm qui a permis d'amasser certaines données mais surtout de séparer les soldats des troupes de Terre des troupes de la Marine, la banque Parchemin sur les archives notariales de Normand Robert et d'Hélène Lafortune, le Portail de la généalogie francophone de Denis Beauregard (FrancoGene), les travaux de Bibliothèque et Archives Canada de même que les contributions de Bibliothèque et Archives nationales du Québec par le projet Champlain, bref, tous les efforts de mise en valeur des archives du Régime français portent fruit.  Enfin, l'apport de Roland Grenier, Guy Parent et Denis Beauregard à la mise en ligne mérite d'être souligné.

 

Signalons, ce qui n'est pas négligeable pour le généalogiste, que 597 individus mentionnés dans la base de données se marieront au Canada. Plus nombreux que les soldats établis du régiment de Carignan, ils sont cependant moins visibles. Plusieurs retourneront en France : les autorités britanniques exigeant que tout soldat régulier, marié ou pas, soit renvoyé en France.  Ceux qui restent se fondent dans une population alors solidement établie, et portent souvent des noms ou des surnoms déjà présents. C'est pourquoi ils sont longtemps passés inaperçus. Rendons-leur hommage en cette année où nous commémorons la dernière victoire française sur le territoire du Québec.

 

Rénald Lessard

 

 

 

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